
C'était le 17 octobre 2014 à Marseille : les Pieds Noirs Progressistes étaient présents
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55 ans après, que reste-t-il dans les mémoires
de la "sanglante répression" des manifestants algériens
à Paris ?
C'était il y a 55 ans. Le 17 octobre 1961, plusieurs dizaines d'Algériens étaient tués à Paris lors de la répression d'une manifestation interdite. Longtemps passés sous silence, ces événements sont désormais commémorés chaque année, non sans susciter de violentes polémiques au sein de la classe politique.
Petit retour en arrière. Le 17 octobre 1961, sept ans après le début de la guerre d'Algérie, l'indépendance apparaît de plus en plus inéluctable. Les Français ont approuvé l'autodétermination de l'Algérie le 6 janvier 1961 lors d'un référendum. Mais cinq mois avant que les Accords d'Évian n'entérinent l'indépendance algérienne, des exactions se déroulent à Paris. Elles seront passées sous silence pendant des décennies. Un couvre-feu destiné aux Algériens résidant en région parisienne a été mis en place par Maurice Papon, préfet de police de la Seine, depuis le 5 octobre. La Fédération de France du FLN décide de riposter à ce couvre-feu discriminatoire en organisant une manifestation le 17 octobre. La répression sera violente et meurtrière. La police utilise des matraques et des armes à feu, des manifestants sont même jetés dans la Seine.
Quelque 11 000 Algériens sont arrêtés et emmenés par la police dans des cars en direction des centres de tri. Le bilan total de ce massacre est matière à controverse, mais le nombre de morts varie entre plusieurs dizaines et quelques centaines selon les chercheurs. Cet évènement a été complètement occulté pendant des années par le pouvoir.
À la fin des années 1990, le procès de Maurice Papon pour complicité de crimes contre l'humanité sous l'Occupation contribue à la réouverture du dossier. En 1999, le tribunal correctionnel de Paris admet l'utilisation du terme "massacre" pour évoquer cet événement. En 2012, dans un communiqué officiel, François Hollande reconnaissait la responsabilité de la France dans la "sanglante répression" du 17 octobre 1961.
17 octobre 1961 : Français, tous coupables? par LePoint
A suivre prochainement
le 17 octobre 2016...
17 octobre 1961-17 octobre 2016
55e anniversaire
Exigeons Vérité et Justice
Rassemblement
lundi 17 octobre 2016 à 17h30
au Pont Saint-Michel
Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris et le Gouvernement de l'époque. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.
55 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. Le 17 octobre 2012, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." Mais le terme de crime n'est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n'est pas clairement définie.
Nous demandons une parole claire aux autorités de la République, au moment où certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à "honorer" les criminels de l'OAS.
Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :
Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme, l'islamophobie dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.
On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps:
A l'occasion de ce 55ème anniversaire, nous exigeons Vérité et Justice.
Rassemblement le 17 octobre 2016 à 17h30 au Pont Saint-Michel à Paris.