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Alençon : Hommage à Alfred Locussol 58 ans après son assassinat

 

Alençon : Hommage à Alfred Locussol

 58 ans après son assassinat

 

Dimanche 5 janvier 2020, une trentaine de personnes ont rendu hommage au militant communiste assassiné en 1962 à Alençon par un partisan de l’Algérie française.

Alfred Locussol, militant du parti communiste algérien, arrêté pour avoir participé à l’impression de son journal clandestin, Liberté, avait été condamné à un an de prison avec sursis, puis muté d’office en 1956 à Alençon. Le 3 janvier 1962, il y a été assassiné par l’OAS.

Alençon : Hommage à Alfred Locussol 58 ans après son assassinat

En 2012, une plaque commémorative a été apposée sur le lieu du crime, près de la gare. Elle avait été dégradée à six reprises, avant d’être déplacée le 6 octobre 2019, dans le périmètre de caméra de vidéoprotection.

Alençon : Hommage à Alfred Locussol 58 ans après son assassinat

La stèle en hommage au militant communiste tué en 1962 à Alençon. | OUEST-FRANCE

 

SOURCE : https://www.ouest-france.fr/normandie/alencon-61000/video-alencon-hommage-alfred-locussol-58-ans-apres-son-assassinat-6677948 

Alençon, 1er mai 2018 :
La stèle à la mémoire d'Alfred Locussol encore vandalisée

Avenue Wilson, à Alençon, une stèle rend hommage à Alfred Locussol, assassiné le 3 janvier 1962. Fin avril, elle a été profanée pour la "sixième ou septième fois". Ceux qui ont œuvré pour qu'on n'oublie pas cet homme, sont désespérés.

Alençon : Hommage à Alfred Locussol 58 ans après son assassinat

La stèle a été tellement détériorée qu'on ne peut plus lire les inscriptions qui y figurent. | FABIENNE GÉRAULT

Les faits se suivent et se ressemblent. Inlassablement depuis 2012. À Alençon, une stèle a été érigée, avenue Wilson, pour rendre hommage à Alfred Locussol, assassiné à son domicile en 1962, par l'OAS (Organisation de l'armée secrète), une organisation clandestine partisane de l'Algérie française.

Une énième fois...

Depuis, on ne compte plus les actes de vandalisme. La dernière profanation remonte à une dizaine de jours. « C'est la sixième ou septième fois », se désole François Tollot, à qui on a signalé les faits la semaine dernière. La stèle a été badigeonnée de peinture bleue, les caractères effacés, le marbre a même été détérioré. Ce mardi 1er mai, il constate les dégâts avec deux autres Alençonnais qui ont oeuvré à l'édification de ce petit monument. 

« Cet acte est le fait de nostalgériques, estime Pierre Frénée. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'Alfred Locussol s'est engagé pour l'émancipation humaine, aux côtés de prestigieux compagnons comme Albert Camus. Cela rend encore plus odieux et méprisable cet acte de vandalisme. »

Un défenseur de l'indépendance 

Pour mémoire, Alfred Locussol – connu sous le prénom de Pierre – a été le premier fonctionnaire d'État assassiné par l'OAS sur le sol français. Cet attentat avait provoqué, alors, une vive émotion à Alençon. Communiste et fervent défenseur de l'Algérie indépendante, il avait dû quitter son pays natal, en 1956, muté d'office dans l'Orne. 

« Les Alençonnais qui avaient approché Locussol, raconte Pierre Frénée, parlaient d'un homme discret. Discret et modeste. En 1945, il avait été chef adjoint du cabinet civil du ministère de l'Air, dans le gouvernement de Gaulle. » « Cet homme avait une réelle carrure politique, culturelle et humaine », ajoute François Tollot. 

En janvier 2016, lors d'une cérémonie d'hommage à son aïeul, sa petite-nièce Alexandrine Bisson avait salué « un héros ordinaire, simplement et fraternellement humain. C'est cette humanité qui manque à ceux qui veulent, ici et ailleurs, diviser les hommes au prétexte de leurs différences. »

Qui commet ces actes ? 

Alençon : Hommage à Alfred Locussol 58 ans après son assassinat

Annie Pollet, Pierre Frénée et François Tollot ont, tous les trois, à cœur d'entretenir la mémoire d'Alfred Locussol. | FABIENNE GÉRAULT

Un phrase qui résonne dans l'esprit de François Tollot, Pierre Frénée et Annie Pollet, que ces dégradations révoltent. « Elles s'apparentent aux actes de violence commis aux frontières et dans les universités, par des groupes d'extrême-droite qui semblent bénéficier d'une étrange mansuétude », pensent-ils.

« Ces actes de vandalisme ne sont jamais revendiqués », ajoute Annie Pollet. La Ville a porté plainte à plusieurs reprises. Chaque fois sans suite. « Nous aimerions bien que la clarté soit faite », avoue, avec lassitude, François Tollot.

 

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