Anciens appelés en Algérie et leurs Amis
contre la guerre : une motion
contre la guerre en Ukraine

Un habitant de Boutcha prend une photo de la ville détruite, le 5 avril 2022. | GENYA SAVILOV / AFP
Face aux événements actuels particulièrement douloureux et inquiétants qui opposent la Russie à l’Ukraine, les Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre, en assemblée générale à Vichy, prend la parole.
Face aux événements actuels particulièrement douloureux et inquiétants qui opposent la Russie à l’Ukraine, la 4ACG (Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre) ne peut se taire, écrivent Rémi Serres et Christian Travers, dans un communiqué. Elle apporte son soutien et sa solidarité au peuple ukrainien dont le territoire est envahi par l’armée russe. Elle partage les souffrances des victimes, des familles terrées dans les caves de Kyiv et des villes situées à l’est et au sud du pays, des réfugiés bloqués aux frontières. Par ailleurs, les sanctions économiques et financières contre la Russie vont infliger au peuple russe son lot de souffrances. « Nous lui exprimons également notre solidarité ». Et dans le même temps, les pays de l’OTAN concentrent leurs troupes sur toutes les frontières occidentales de l’Ukraine, ce qui accroît la menace d’un élargissement de la guerre, voire de l’utilisation de l’arme nucléaire brandie aveuglément par le président Poutine.
« Nous, anciens appelés qui avons combattu malgré nous en Algérie, nous connaissons de près les horreurs de la guerre, les bombardements, les embuscades, les tortures, les exécutions, la fuite ou l’internement des populations, les villages brûlés. Alors, avec force nous disons : plus jamais ça ! Nous pensons aussi à tous ces soldats qui n’ont rien choisi et à qui on impose de tuer leurs frères, à toutes ces armées russes qui obéissent à un seul homme possédant tous les pouvoirs et qui réprime par la prison les résistants russes qui s’opposent courageusement à la guerre en Ukraine. »
La 4ACG exhorte surtout les responsables politiques à abandonner le choix des armes et à s’engager dans une solution pacifique basée sur le dialogue et la négociation et à faire ainsi entendre l’aspiration de tous les peuples à la paix et à disposer librement d’eux-mêmes. Djoudi Atoumi, un moudjahid qui a combattu sept ans dans le maquis algérien, aimait à dire : « On ne résout jamais les problèmes avec la guerre »

Comme vous avez raison amis de la 4ACG et notamment pour cet article :

Rémy Serres

Christian Travers
Henri Pouillot l’a dit et même écrit avant
Emmanuel Macron
«La colonisation est un crime contre l’humanité»

En 2017 la droite, l’extrême droite et il faut ajouter ce qu’on appelle la fachosphère sont vent debout, criant au scandale contre les propos qu’a déclarés Emmanuel Macron, à Alger « La colonisation est un crime contre l’humanité » avant lui Henri Pouillot, ancien appelé de la guerre d’Algérie, qui a été témoin de la torture à la villa Susini (terme exact : Sésini) à Alger avait envoyé une lettre ouverte à François Hollande (et je suis solidaire avec Henri Pouillot) dont voici un passage essentiel : « En particulier pendant la Guerre de Libération de l’Algérie, la France a une terrible responsabilité qu’elle n’a toujours pas reconnue, ni donc condamnée :
Ce sont des crimes d’état : du 8 Mai 1945 à Sétif / Guelma / Khératta les massacres qui ont fait plus de 40.000 victimes, du 17 octobre 1961 au Pont Saint-Michel à Paris où plusieurs centaines d’Algériens ont été massacrés, noyés dans la Seine, assassinés par la police, du 8 février 1962 au Métro Charonne à Paris où 9 militants pacifiques ont été assassinés par le Police
Ce sont des crimes de guerre : avec l’utilisation des gaz VX et Sarin (voir les témoignages publiés sur mon site : le premier et le second ), avec l’utilisation du napalm (600 à 800 villages ont été rasés : des Oradour-sur-Glane algériens !!!)
Ce sont des crimes contre l’humanité : le colonialisme, l’institutionnalisation de la torture, les viols, les exécutions sommaires (corvées de bois, "crevettes Bigeard"…), les essais nucléaires du Sahara, les camps d’internements (pudiquement appelés camps de regroupements qui ont fait des centaines de milliers de morts)… Alors Monsieur le Président, avant de donner des leçons de droits de l’homme comme vous venez de le faire, la parole de la France dans ce domaine aurait un autre poids si vous aviez fait les gestes symboliques nécessaires de reconnaissance et de condamnation de ces crimes commis au nom de notre pays. Dans quelques mois, ce sera le 60ème anniversaire de la Bataille d’Alger où l’Armée Française a généralisé les exactions, ne serait-il pas plus que temps que la France, par votre intervention intervienne dans ce sens ? »

« C’est dans cette Villa, à Alger, que je me suis retrouvé à effectuer la fin de mon service militaire, pendant la Guerre d’Algérie, de juin 1961 à mars 1962.
Ce lieu fut utilisé, pendant les 8 années de cette guerre, sans interruption, comme centre de torture. »
Henri Pouillot

Comme vous avez raison amis de la 4acg je suis solidaire avec vous, oui la France a commis des horreurs en Algérie. C'est pourquoi ma conclusion sera les paroles de Rémy Serres :
La France crée
les fours crématoires
Mais la 4ACG veut d'abord ouvrir les yeux des Français, surtout des plus jeunes, sur la véritable histoire de leur pays. « Bien avant la guerre, nous enfermions les Algériens dans des grottes avant de les brûler vivants. C'est la France qui a inventé les fours crématoires. Pendant la guerre d'Algérie, les dictatures sud-américaines prenaient des cours de torture auprès de l'armée française. » Rémy Serres n'a jamais torturé. « J'ai dû tirer deux balles, vers une montagne au loin. Si j'ai tué quelqu'un, c'est bien par hasard. Mais attention, certains soldats étaient totalement fous et ne pensaient qu'à tuer. Chez les gradés, on se taisait. »
Un seul officier supérieur a dénoncé ouvertement la torture : le général de Bollardière.
Dans l'association, les adhérents débattent : sommes-nous pour la paix ou contre la guerre ? Rémy a son avis. « Nous sommes contre la guerre. La guerre est absurde puisqu'à la fin, les cravates décident dans leurs bureaux de mettre fin au combat. Ils pourraient le faire avant, mais il leur faut quelques milliers de morts pour se décider. »