Finalement il ne fait pas bon d’avoir été du mauvais côté de l’Histoire : les harkis en savent quelque chose, mais les rapatriés aussi, les appelés et rappelés du contingent, les indépendantistes algériens, les fonctionnaires de l’Etat, les civils de France et d’Algérie… tous ont eu à souffrir, d’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre… du colonialisme issu du capitalisme…
Michel Dandelot

Emmanuel Macron va s'occuper des harkis
Le 25 septembre prochain, le gouvernement devrait dévoiler des mesures pour les harkis, ces combattants de la guerre d'Algérie. D'ici là, Emmanuel Macron doit se prononcer sur la reconnaissance par le Parlement du sort des harkis et l'enseignement du conflit à l'école.

Emmanuel Macron embrasse une femme vêtue d'un bonnet phrygien portant l'inscription Harki, le 8 mai dernier sur les Champs-Elysées à Paris. (Gilles Bassignac/Divergence)
Le quinquennat Macron pourrait être celui de la reconnaissance par le Parlement français du sort des harkis après la guerre d'Algérie. Le chef de l'État doit ouvrir ce dossier éruptif dans les prochaines semaines, alors qu'un rapport remis en juillet à Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, préconise le vote d'une résolution parlementaire en ce sens. "Je pense que ça peut être un axe intéressant à proposer", avance l'ancienne maire de Mont-de-Marsan, qui soumettra le sujet à la rentrée à Emmanuel Macron et au Premier ministre, Édouard Philippe. "Rien n'est fait, les choses seront décidées en septembre", précise prudemment la secrétaire d'État. Elle souhaite dévoiler une série d'annonces le 25 septembre, pour la journée nationale d'hommage aux harkis, ces supplétifs algériens de l'armée française pendant le conflit de 1954-1962.
le 25 septembre 2016
Pour la première fois de son quinquennat, François Hollande a reconnu dimanche aux Invalides "les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis" à l'issue de la guerre d'Algérie. Il respect ainsi une promesse de campagne.

François Hollande le 19 mars 2017 à Paris, lors de la commémoration du cessez-le-feu de 1962 en Algérie. Reuters.
François Hollande a "reconnu les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis", dimanche lors d'une cérémonie dans la cour de l'Hôtel des Invalides à Paris. Le chef de l'Etat célébrait la journée nationale d'hommage qui est consacrée à ces personnes qui ont servi l'Algérie française. Etaient également présents des candidats à la présidentielle comme Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen.
"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a précisément déclaré François Hollande, applaudi par les représentants des harkis présents dans l'assistance.
En reconnaissant ces "responsabilités", François Hollande a honoré une promesse faite en avril 2012 durant la campagne présidentielle, en reprenant pratiquement au mot près le texte de sa déclaration de l'époque. Il l'avait déjà fait en partie lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012, mais à l'époque c'était via un message lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants. Un certain nombre avait également protesté, accompagné de nombreuses voix à droite, lorsque le chef de l'Etat avait commémoré cette année le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie au lendemain des accords d'Evian, une date qu'ils considèrent comme symbolique de leur abandon.
Devant nombre d'officiels mais aussi de responsables politiques engagés dans la campagne présidentielle (Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet, etc.), François Hollande a déploré que "la prise en compte des droits (des harkis) fut longue à obtenir. Leurs enfants ont souffert de ne pas être pleinement intégrés dans la République." Evoquant une "vérité implacable" et "cruelle", le Président parlé des "combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d'Algérie et dont l'abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République", a souligné le chef de l'Etat. Après les accords d'Evian le 18 mars 1962, 55.000 à 75.000 harkis, ont, selon les historiens, été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60.000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, leur communauté est estimée à 500.000 personnes.
Cette reconnaissance au nom de la France avait aussi été faite par Nicolas Sarkozy en avril 2012 lorsqu'il était encore chef de l'Etat, huit jours avant le premier tour de l'élection présidentielle. Samedi, le candidat à la primaire avait profité d'une visite à Perpignan pour rendre hommage à ces Algériens. Il s'est également engagé, s'il est élu président, à supprimer la date commémorative du 19 mars, choisie par la gauche comme journée à la "mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie".
SOURCE : https://www.lejdd.fr/Politique/Hollande-reconnait-l-abandon-des-harkis-par-la-France-812395


L'Algérie tient à forclore à cette question franco-française des harkis.
New Press
Par Hani Abdi – Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, assure que le dossier des harkis est «indiscutable». S’exprimant aujourd’hui sur les ondes de la radio nationale, le ministre des Moudjahidine souligne que «le cas des harkis a été tranché par l’histoire et leur non-retour est une ligne rouge».
Tayeb Zitouni poursuit en précisant que les harkis avaient choisi le camp qu’ils voulaient au moment où les Algériens étaient brûlés au Napalm. Le ministre des Moudjahidine refuse donc toute discussion ou débat sur un éventuel retour des harkis.
Le Ministre intervenait après une polémique suscitée en France sur le possible retour des harkis en Algérie et la récupération de leurs biens. Avant Tayeb Zitouni, l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM) s’était clairement opposée à toute forme de retour des harkis en Algérie dans un communiqué rendu public le 11 juillet. Cette organisation avait assuré que le dossier relatif à la restitution des prétendus biens des colons et des pieds noirs, évoqué à tout bout de champ par la partie française, «ne servira pas de moyen de pression et de chantage» contre l’Etat algérien, eu égard aux grands sacrifices consentis par le peuple algérien durant la révolution».
L’ONM avait assuré que l’Algérie ne cèdera pas sur ce dossier. «Le dossier des harkis a été clos définitivement pour l’Etat algérien et, par conséquent, il ne fera en aucun cas l’objet de chantage. C’est une question qui concerne la France seule et n’a aucune relation avec notre Etat», avait martelé l’ONM qui a déploré, par ailleurs, le fait que certains responsables d’institutions françaises officielles «sont toujours nostalgiques de «l’Algérie française» au point de revendiquer des droits illégitimes sur lesquels l’histoire à d’ores et déjà tranché».
L’ambassade de France en Algérie avait réagi à la polémique sur ce sujet. Dans un communiqué publié le 11 juillet, l’ambassade française en Algérie avait précisé que «le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères n’a pas dit que la question du retour des anciens harkis en Algérie était au centre des discussions avec les autorités algériennes, pas plus qu’il n’a déclaré que la France fera tout pour préserver le droit des harkis à retourner dans leur pays».
H. A.

Quelques jours après le l’annonce de l’éventuelle visite du président français Emmanuel Macron en Algérie pour la fin de l’année en cours, le dossier des harkis ressurgit. S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, le ministre des moudjahidine Tayeb Zitouni juge que le dossier ne concerne pas l’Algérie.
« C’est un dossier franco-français » et « ne concerne en aucun cas l’Algérie du moment où ces derniers (les harkis) ont choisi la France », a-t-il dit. Ainsi il coupe court aux supputations. Mais il va plus loin dans sa réponse. Il affirme que ce dossier est « indiscutable » en qualifiant leur non-retour en Algérie de « ligne rouge à ne pas franchir ».
Pour le ministre des moudjahidine, « le sort des harkis a été déjà tranché par l’histoire. Ces derniers ont choisi leurs camps » affirme-t-il. Tayeb Zitouni juge que «les personnes ayant trahi leur pays et leurs frères n’ont aucune place sur notre sol».
Pour rappel, le dossier des harkis n’a pas été clos en France. Homme politiques, députés, associations et intellectuels continuent d’exercer un forcing sur leur gouvernement pour mettre la pression sur les autorités algériennes afin que ces dernières acceptent le retour des harkis sur son sol. Mais l’Algérie continue de signifier son refus en exprimant son opposition catégorique.
A.B