France – Algérie : Emmanuel Macron s’apprête
à relancer le « dossier des harkis »

Huit mois après avoir dénoncé le rapport de l’historien Benjamin Stora sur « la guerre d’Algérie » ; les harkis et leurs familles n’ont cessé de faire pression sur le gouvernement français qui se dirige aujourd’hui vers la réouverture de leur dossier.
En effet, le président français Emmanuel Macron s’apprête à franchir « un nouveau pas » dans la «reconnaissance de manquement qui a été fait aux harkis» par la France, selon la présidence française, le chantier de la réparation des harkis sera lancé dès vendredi prochain.
La démarche d’Emmanuel Macron intervient à quelques jours de la « journée d’hommage aux harkis instaurée en 2001 » célébrée chaque année en France. De ce fait, vendredi prochain, le président français accueillera les porteurs de cette mémoire et s’adressera aux harkis.
Emmanuel Macron va décorer un représentant harki blessé au combat
Lors de cette journée, Emmanuel Macron devrait, selon la même source, décorer un représentant harki blessé au combat, il s’agit d’un officier français qui a organisé le rapatriement de plusieurs centaines de harkis depuis l’Algérie. Une fille de harki va également être décorée pour avoir «milité pour l’égalité les chances».
Recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant la guerre d’Algérie, avec l’indépendance, ce sont près de 200.000 hommes à fuir le pays pour s’installer en France.
Les femmes et filles de harkis rejettent
le rapport stora
Un collectif regroupant les femmes et les filles de harkis a réagi concernant le rapport de l’historien français Benjamin Stora sur « les questions mémorielles portant sur le colonisation et la guerre d’Algérie », jugeant que les harkis on été évoqués « d’une façon tendancieuse accompagnée d’omissions significatives ».
Le rapport de l’historien français Benjamin Stora sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et le guerre d’Algérie », remis le 20 janvier passé au président Emmanuel Macron, continue de susciter beaucoup de critiques en Algérie comme en France.
Dans une tribune publiée dans le journal français le Figaro, un collectif regroupant une cinquantaine de femmes et de filles de harkis a réagi à propos de ce rapport, qui, dans l’une de ses recommandations, a évoqué la question des harkis. « Nous ne pouvons nous taire après avoir lu le rapport de l’historien Benjamin Stora », ont dénoncé les signataires de cette tribune.
Pour ce collectif, le rapport Stora « obéit à des considérations politiques et non historiques, au préjudice de la vérité sur les harkis ». Tout en affirmant que certains points de rapport méritent d’être salués, le collectif des femmes et des filles de harkis a estimé que les « harkis ont été réduits à la portion congrue », et ont été évoqués « d’une façon tendancieuse accompagnée d’omissions significatives ».
Ces femmes, qui se disent « scandalisées » par ce rapport, ont mentionné, à titre d’exemple, un passage de rapport de Benjamin Stora où il a évoqué les « représailles cruelles contre les harkis en Algérie à la fin de la guerre », et ont jugé que l’emploi du terme « représailles » n’est pas neutre.
En effet, pour elles, l’utilisation de ce terme « valide la thèse avancée par le pouvoir algérien et les historiens qui lui son inféodés », rajoutant que « si les harkis on été massacrés, c’est parce qu’eux-mêmes s’étaient livrés à des exactions ».
Les femmes et filles de harkis s’opposent à l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi pour avoir soutenu le FLN.
Le même collectif s’est attardé sur une autre recommandation émise par Benjamin Stora dans son rapport, relative à « l’entrée au panthéon de l’avocate Gisèle Halimi, grande figure féminine d’opposition à la guerre d’Algérie ». En effet, dans leur tribune, les femmes et filles de harkis se sont opposées à cette préconisation sous prétexte que Gisèle Halimi s’était mobilisée « en faveur des militants indépendantistes algériens ».
« Nous nous élevons de manière unanime, forte et déterminée, contre la proposition émise par (l’historien) Benjamin Stora de l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi », ont-elles écrit.
Il convient de rappeler que Gisèle Halimi a été l’une des principales avocates des militants du Front de Libération Nationale (FLN) durant le guerre de libération nationale, elle n’avait pas hésité à dénoncer l’usage de la torture par les militaires et policiers français en Algérie et s’était mobilisée auprès des femmes et des jeunes filles détenues. La regrettée avocate s’est éteinte le 28 juillet 2020.
SOURCE : https://www.algerie360.com/france-algerie-macron-sapprete-a-relancer-le-dossier-des-harkis/
Officiellement, l’initiative s’inscrit uniquement dans le cadre de la politique mémorielle d’Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat. Dans les faits, difficile de ne pas y voir une tentative de resserrer les liens avec une catégorie de population stratégique, dans l’optique de l’élection présidentielle de 2022. Car ce n'est pas cet acte qui va rapprocher l'Algérie de la France si l'on considère qu'en Algérie les harkis sont considérés comme des traîtres.