
JEUDI 21juin 2018
Une vidéo et une autre utisation
pour le bâtiment « Le Yéti »

La vidéo annoncée concernant la cérémonie d’inauguration de la stèle à côté du « Yéti » est prête, il ne manque plus que l’accord du Préfet et du Maire et si elle est validée par ces deux personnalités, elle sera mise en ligne sur Youtube et Dailymotion, dès la semaine prochaine, notamment et bien sûr sur mon blog…
D’autre part, il est précisé que le bâtiment « Le Yéti » appartenant à l’Etat ne sera jamais démoli, comme cela a été annoncé « par certaines mauvaises langues » au contraire il sera amélioré, son utilisation actuelle « un garage de la Drire » pourrait changer afin qu’autour de la belle stèle ne soient plus stationnés une multitude de camions.
Le but est que ce bâtiment et la stèle soient un lieu de mémoire et une destination touristique.
JURA Les Rousses : une cérémonie marquant le souvenir des négociations secrètes de février 1962 débouchant sur le cessez-le-feu de la guerre d’Algérie et la fin de 132 ans de colonisation.

Une cérémonie marquant le souvenir des négociations secrètes de février 1962 aux Rousses, et qui ont débouché sur les accords d’Evian, signés le 18 mars 1962, a rassemblé de nombreux anciens combattants ce samedi 16 juin au matin.
Plus de 600 d’entre eux, venus des départements voisins, et du Jura, se sont recueillis devant ce bâtiment, désormais symbole, qu’est le Yeti, à l’entrée de la commune depuis La Cure.
Les Rousses : Une cérémonie symbole
du souvenir national au Yeti

Plus de soixante-cinq porte-drapeaux rassemblés. Recueil, souvenir, devoir de mémoire résument cette matinée empreinte de solennité et messages d’espoir pour un monde meilleur en hommage aux victimes de ce conflit qui a marqué l’histoire de la Nation et dont le Haut Jura terre d’accueil des négociations de paix, a apporté sa pierre. Photo René DELOBELLE
La cérémonie marquant le souvenir des négociations secrètes en février 1962 aux Rousses et ayant débouché sur les accords d’Evian, signés le 18 mars suivant, a rassemblé de nombreux anciens combattants ce samedi 16 juin. Plus de 600 d’entre eux, venus des départements voisins et du Jura, se sont recueillis devant ce bâtiment désormais symbole du Yeti, le village vacances de Lamoura ayant hébergé 260 personnes.
La stèle commémorative de cet épisode de l’Histoire a été dévoilée en présence du préfet Richard Vignon, de Bernard Mamet, maire de la commune, et de nombreux élus et personnalités dont Gérard Bailly sénateur honoraire, qui a passé lui-même 22 mois en Algérie et qui a témoigné à la tribune, et de Alain Guiraud, maire adjoint d’Evian chargé de la Culture et du patrimoine. Sur place, Guy David Henriet, président de la Fnaca du haut Jura comptant 30 membres pouvait se réjouir « cela plusieurs années déjà que l’on travaille sur ce projet de stèle, on y est enfin arrivé ».
André Verney, responsable départemental de la commission “Guerre Algérie Jeunesse Enseignement”, maître de cérémonie du jour, a dirigé les différentes interventions sous le soleil retrouvé.

Bonjour,
Veuillez trouver ci-joint le discours de M. le Maire Bernard MAMET.
Une vidéo est en cours de montage ; si sa qualité est suffisante, nous vous la transmettrons.
Vous souhaitant une bonne fin de journée,
Cordialement,
Véronique CUENOT
Directrice Générale des Services
Mairie de LES ROUSSES


La mairie

Le centre des Rousses

INAUGURATION DE LA STÈLE DU YÉTI
Samedi 16 juin 2018 – 10 heures 30
Discours de M. Bernard Marmet
Maire des Rousses

" Nous sommes rassemblés ce matin au nom de l’Histoire et de la Mémoire.
Depuis la loi du 6 décembre 2012, le 19 mars est en effet la date officielle de la journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie.
Le 19 mars 1962 représente donc une date historique et symbolique, celle du Cessez-le-feu en Algérie, prescrit par les accords d’Evian.
Or, c’est ici, aux Rousses, dans ce bâtiment du Yéti, que furent menés en secret les pourparlers conclus par les préliminaires du traité d’Evian entre la France et le G.P.R.A. : gouvernement provisoire de la République Algérienne.
C’est le Préfet du Jura à ce moment-là, Monsieur Pierre AUBERT, qui fut chargé de déterminer le lieu des rencontres.
« Je pensai aussitôt au garage des Ponts et Chaussées, aux Rousses, qui présentait à mes yeux de multiples avantages » écrit-il dans son livre « Le secret des Rousses ».
Pour la réussite des négociations, il fallait en effet le secret le plus absolu. Anonymes dans la foule des skieurs, ministres et policiers passèrent inaperçus.
Quelques personnalités du Département étaient au courant : le Préfet, Pierre AUBERT, le président Edgar FAURE et le maire des Rousses, Monsieur Maxime GRENIER, père de Madame Lucienne MILOS, doyenne actuelle des Rousses, qui se souvient « Des policiers surveillaient notre maison, on ne les voyait pas, mais mon père me disait qu’ils étaient bien présents. »
Echec ou attentat de l’OAS (le maire d’Evian avait été assassiné un an plus tôt), le risque était grand. Cette discrétion la plus totale était donc fondamentale. Par quel miracle les journalistes à l’affût n’ont-ils jamais déniché le lieu des rencontres et percé ce secret d’Etat ?
Pour réussir, il fallut certes de l’astuce et de l’imagination, mais aussi un esprit d’équipe et de solidarité et une extraordinaire conjuration du silence !
Les délégations vivent cloitrées, dans un décor très spartiate, volets clos, entre cannettes de bière et nuages de fumée de cigarettes, au-dessus des chasse-neige.
Les instructions données par le Général de Gaulle aux plénipotentiaires sont simples : « Réussissez ou échouez, mais ne laissez pas la négociation se poursuivre indéfiniment. »
Enfermés dans le chalet pendant 9 jours, épuisés, les délégués parviennent à un texte commun que Robert BURON considère comme applicable. C’est à 3 heures du matin, le 18 février que le compromis est avancé. A 5 heures du matin, le 19 février, deux déclarations sont établies, prémices des accords d’Evian. Pour la première fois, on se serre la main.
Le 21 février, le Conseil des Ministres approuva le protocole. Restait à mettre en forme les accords.
En fonction du travail accompli ici au Yéti, tout alla vite pour la seconde conférence d’Evian qui s’ouvrit le 7 mars 1962 à l’hôtel du Parc.
Le dimanche soir 18 mars, l’accord était définitivement conclu et l’article 1er de ce traité d’Evian stipulait l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le lendemain lundi 19 mars 1962 à midi.
Ces accords furent approuvés par le peuple français à plus de 90 % lors du référendum du 8 avril 1962.
Le bilan de ce conflit est l’un des plus lourds de l’histoire de la décolonisation. La guerre d’Algérie a blessé les deux rives de la Méditerranée : 8 années de guerre, près de 2 millions de soldats mobilisés, 2 millions de civils déplacés, des milliers de victimes de part et d’autre dont 27 500 soldats français.
C’est pourquoi au-delà de notre démarche ce matin d’inauguration de cette stèle, nous souhaitons qu’elle exprime aussi notre profond respect et notre gratitude éternelle pour tous les anciens combattants que vous représentez si nombreux dans l’émotion et le recueillement.
Et nous voulons aussi honorer la mémoire de toutes les victimes, tuées, blessées, déplacées, toute une génération de femmes et d’hommes qui y ont sacrifié leur jeunesse.
Ainsi, désormais, que vous soyez passant, vacancier, touriste ou simple curieux, lorsque vous vous arrêterez devant cette stèle, lorsque vous la regarderez, souvenez-vous qu’ici s’est construite en secret la base d’une paix ô combien lente et difficile et rendez hommage à tous ceux qui sont morts au champ d’honneur.
Vive la Paix, vive la République, vive la France ! "
Bernard MAMET
Maire des Rousses

Le Yéti abrite toujours un centre de la Dir Est, la Direction interdépartementale des routes. Photo Laurent MÉRAT
La vieille bâtisse, située à la sortie de la commune, ne paye pas de mine. « Le Yéti », qui porte décidément bien son nom, est imposant mais pas franchement du plus bel aspect… Qu’importe. Le lieu se veut pratique et depuis des dizaines d’années, il abrite les véhicules et le personnel chargé de l’entretien et de l’exploitation du réseau routier local.
Bref, le vaste chalet n’a rien de très particulier. Pourtant, c’est là qu’un pan de notre histoire contemporaine s’est joué, c’est là que se sont préparés les accords d’Evian qui ont débouché sur la fin d’une guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts. Mais avant d’en arriver là, les représentants de l’État français et ceux du gouvernement provisoire algérien ont dû parlementer dans le plus grand secret, pour se mettre à l’abri des regards indiscrets et d’éventuelles tentatives d’attentats.
Dix jours dans une atmosphère lourde, de roman d’espionnage
C’est à Pierre Aubert, alors préfet du Jura, qu’a incombé la responsabilité de trouver l’endroit parfait pour ces pourparlers. Dans son livre « Le secret des Rousses », il justifie son choix. « Pour l’opération que j’allais avoir à mener, il présentait à mes yeux de multiples avantages… L’immeuble appartenait au Département et par conséquent le préfet pouvait en disposer facilement… Il était à deux pas de la frontière. Il comportait la possibilité de couchage et de nourriture… Certes le choix pouvait paraître risqué car nous étions en plein sur la route nationale, et au vu de tout le monde, avec un va-et-vient automobile et piétonnier assez intense, mais c’est précisément cette dernière considération qui me poussait à ce choix. »
C’est en pleine période de vacances scolaires, entre le samedi 10 février et le lundi 19 février 1962, que Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie, tous trois ministres, négocièrent en secret avec des représentants du gouvernement provisoire de la République algérienne. Ces derniers, dont Krim Belkacem, arrivaient incognito tous les matins depuis Genève, avec une voiture immatriculée dans le Jura et des skis sur le toit pour passer le poste de douanes plus discrètement.
Dans une atmosphère lourde, de roman d’espionnage, les trois ministres français, ainsi qu’une dizaine d’experts et une vingtaine de policiers armés jusqu’aux dents sont restés cloîtrés là pendant 10 jours, dans le petit appartement d’un fonctionnaire.
« La clandestinité la plus totale était indispensable pour mener à un accord », explique Robert Buron dans une interview… Indispensable aussi car en 1961, Camille Blanc, maire d’Evian, a été assassiné par un commando de l’OAS après avoir accepté d’abriter des négociations pour un accord de paix en Algérie.
Entre les murs du « Yéti », les points sensibles ont été négociés : Sahara, pétrole, garantie aux Français d’Algérie, expériences atomiques, référendum d’autodétermination… Un accord comportant le cessez-le-feu en Algérie a finalement été obtenu dans la matinée du 19 février. « C’est seulement dans la nuit du dimanche au lundi que nous avons constaté notre accord, et qu’enfin, pour la première fois, nous nous sommes serré la main… Nous étions les uns et les autres convaincus que ce que nous venions de mettre sur pied était dans une large mesure applicable, et pouvait servir à la fois au développement de l’Algérie, et à la paix en France », ajoute Robert Buron. Les accords d’Evian ont finalement été signés le 18 mars 1962.

Tavaux, Damparis, Dole, Chaumergy, les sections jurasiennes bien présentes lors de cette cérémonie officielle Photo René DELOBELLE

600 délégués venus de Haute-Saône, Doubs, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Jura, membres des délégations présentes aux Rousses, 260 ont logé à Lamoura au village vacances Photo René DELOBELLE

La stèle commémorative bien fleurie Photo René DELOBELLE

Le préfet du Jura rend hommage aux quelques 65 porteurs de drapeaux, deux d'entre eux ont fait l'objet d'un malaise durant la cérémonie Photo René DELOBELLE

Luc Macle, porte-drapeau Rousseland, « 18 mois en Algérie ». Photo René DELOBELLE

Le bâtiment du Yeti lieu des négociations secrètes qui ont débouché sur les accords d'Evian en 1962 Photo René DELOBELLE

Souvenir, recueillement, devoir de mémoire au menu de cette cérémonie Photo René DELOBELLE

Bernard Mamet, maire des Rousses, lors de son allocution Photo René DELOBELLE

Remise d'une gerbe par Bernard Mamet, maire de la commune, accompagné de jeunes Rousselands dont Sérane Jarrand Photo René DELOBELLE

Une assistance nombreuse, avec au premier rang les officiels et élus régionaux Photo René DELOBELLE

HISTOIRE
20 mars 1972 : Dix ans après la signature
des accords d'Evian
20 mars 1972 : Dix ans après la signature des accords d'Evian mettant fin au conflit algérien, Robert BURON, l'un des trois délégués du gouvernement qui négocièrent ces accords avec les représentants du GPRA, nous fait visiter le chalet "Le Yéti" des ROUSSES, dans le JURA, où se tinrent les pourparlers préalables , du 10 au 18 Février 1962. - VG village - M. R. BURON répond aux questions de P. PESNOT "L'idée de prendre ce chalet pour négocier a été très heureuse, les Algériens arrivaient par GENEVE, deux conditions pour continuer ces négociations, ne pas se montrer, et la discrétion" - Robert BURON marche et entre dans le chalet - son ancienne chambre: "C'était un climat spécial" - Il montre la chambre de Louis JOXE - GP téléphone - BURON assis derrière une table: "c'est ici que s'est faite la négociation" - "c'est dans la nuit de dimanche à lundi que nous les avons conclues. Nous étions convaincus que ce que nous venions de mettre sur pied était applicable". Images d'archive INA Institut National de l'Audiovisuel http://www.ina.fr.