
Seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact et accessible au public, le Camp des Milles est aujourd’hui un musée d’Histoire, des Sciences de l’Homme et d’éducation citoyenne innovant et unique en France.
S’appuyant sur son histoire, il permet de comprendre comment les extrémismes, les racismes, l’antisémitisme et les discriminations peuvent mener au pire.
Et pour la première fois sur un lieu de mémoire, sont apportés des repères pluridisciplinaires et des clés de compréhension scientifiques qui peuvent aider agir au présent contre ces intolérances.
Un lieu citoyen, résolument tourné vers l’enseignement de la fraternité, le vivre ensemble et le respect de l’autre.
L'appel des grands anciens du Site-mémorial
du Camp des Milles




Anciens résistants et déportés alertent
contre le "risque mortel" de l'extrême-droite
C’était à la veille de l’élection présidentielle 2017, trois figures de la Résistance et de la Déportation avaient lancé un appel solennel contre "les masques de l'exclusion et de la haine" qu'ils associent à l'extrême-droite.
Nous avons appris durement à reconnaître les visages et les masques de l'exclusion et de la haine." Trois "Grands anciens" du site mémorial du Camp de Milles, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), ont lancé un appel solennel pour dénoncer le "risque mortel" de laisser passer l'extrême-droite au second tour de la présidentielle.
Le discours de ces trois figures de la Résistance et de la Déportation, relayé par le président du mémorial Alain Chouraqui, a été prononcé un jour particulier, puisque ce 30 avril est la journée du souvenir de la Déportation. Le Camp des Milles, où était commémoré ce jour le souvenir de la Déportation, est le seul grand camp français d'internement et de déportation encore intact. Il abrite aujourd'hui un musée et un mémorial, engagé dans la lutte contre l'extrémisme.
Pour nos enfants et petits-enfants, ce risque mortel ne peut pas être pris.
Denise Toros Marter, Sidney Chouraqui et Louis Monguilan
"Comme nous reconnaissons les petits calculs, les colères dévoyées ou les aveuglements qui permettent le pire. Aujourd'hui malheureusement, par-delà les mots et les faux semblants, nous les reconnaissons bien dans notre pays", ont ainsi lancé, par la voix d'Alain Chouraqui, Denise Toros Marter, déportée à 16 ans à Auschwitz, Sidney Chouraqui, engagé volontaire de la France libre, et le colonel Louis Monguilan, résistant, déporté à Mauthausen.
"Nous savons bien que tous ceux qui sont attirés par les extrêmes ne sont pas eux-mêmes des extrémistes. Mais ce fut le cas aussi pour beaucoup de Français ou d'Allemands séduits un moment par Pétain ou Hitler dont ils n'imaginaient pas les horreurs futures", ont-ils poursuivi. "Nous ne supportons pas l'idée que les héritiers des politiques antirépublicaines que nous avons connues puissent à nouveau exercer et détourner le pouvoir républicain. (...) C'est aujourd'hui l'extrémisme nationaliste qui risque de conquérir le pouvoir dans notre pays, et qui présente donc le danger le plus immédiat pour nos libertés et pour l'unité de notre peuple", ont ajouté les "Grands anciens".
"Peu importe que l'on nous accuse de diabolisation. Car nous avons connu les 'diables ordinaires' qui peuvent préparer l'enfer. Nous savons jusqu'où mènent l'intolérance et l'exclusion au pouvoir. Nous en connaissons la dynamique meurtrière", ont-ils lancé avant de conclure "pour notre pays, pour les valeurs de la République, pour nos enfants et petits-enfants, ce risque mortel ne peut pas être pris".