Le 15 août 2013 disparaissait
l'avocat Maître Jacques Vergès
Pour les nostalgériques extrémistes, Jacques Vergès
était... un ennemi de la France...
C'est faux ! Jacques Vergès était un anti colonialiste...

Me Jacques Vergès, à propos des Massacres
de Guelma, Sétif
Me Jacques Vergès, en tant que juriste, comment nous expliquez-vous ce qu'est le génocide culturel, identitaire ?
Souvent je dis à des amis français, qui ne comprennent pas cela, quand les Allemands occupaient la France, qu'est-ce que vous auriez dit s'ils apprenaient l'allemand à vos enfants, si les Allemands changeaient les noms de vos villes ; si à l'école on apprenait à vos enfants l'histoire de l'Allemagne et plus l'histoire de la France, ce serait un cauchemar ! Eh bien, c'est ce que vous avez fait en Algérie et ailleurs. Alors si cela ne s'appelle pas un génocide culturel, je ne vois pas du tout ce que c'est qu'un génocide culturel.
Ce qu'il y a de plus grave, c'est que ce génocide est aussi grave que celui qui consiste à massacrer, parce que quand vous avez massacré, vous avez massacré, mais le génocide culturel, lui, a la durée, c'est pour cela que Soljenitsyne, le dissident russe, dit qu'on s'en sort plus vite du communisme et du nazisme que de la colonisation, et c'est compréhensible, parce que Staline n'a pas nié l'identité russe, il l'a exaltée, Hitler aussi pour celle allemande, tandis que la colonisation nie la culture locale. Pour recouvrer la culture nationale, il faut plus de temps et en plus la colonisation a instillé chez le colonisé un complexe d'infériorité, comme le disaient Frantz Fanon et Albert Memmi. Je vais plus loin. Un crime que les Allemands ont commis en France, cela s'appelle Oradour. Oradour a fait vingt fois moins de morts que Guelma et Sétif, mais en plus, ce qu'il y a de plus grave à Guelma et à Sétif, si Oradour a été fait par des SS, les massacres de Guelma et Sétif ont été en grande partie accomplis par des civils, par des colons, c'est-à-dire la population y a participé... Mais qui a donné les armes à la population ? C'est l'Etat, c'est un crime d'Etat.

Jacques Vergès, le 30 janvier 2012 à Toulouse. (Crédit: BORDAS/SIPA)
L'hommage de Maître Kiejman
Sur BFMTV, l'avocat et ancien ministre sous François Mitterrand Georges Kiejman, a rendu hommage à sa manière à son «meilleur ennemi» dans les tribunaux : «Jacques Vergès était un homme fascinant et mystérieux. Sa dimension intellectuelle dépassait le cadre judiciaire. Il faisait partie des deux ou trois avocats extraordinaires de ma génération. Pendant la guerre d'Algérie, il a été physiquement très courageux et a risqué sa vie (il militait pour le FLN ndlr), a-t-il confié. C'est sans doute la période la plus glorieuse de sa vie".
Par contre un site de nostalgériques extrémistes écrivait : « Jacques Vergès : un ennemi de la France en moins !!! »
Voici donc Jacques Vergès…
l’anti colonialiste