Cet article a été posté le 5 juillet 2019 sur mon blog, mais ce matin j’ai vu sur le site d’extrême droite « Résistance Républicaine le fascisme islamiste ne passera pas » que je surveille de près, un article qui a pour titre :
Comme ces nostalgériques d’extrême droite ne sont pas tous morts, en réponse à l'un d'eux voici de nouveau mon article de l’année dernière.
Michel Dandelot



A Oran
Ils occultent l'OAS
Le 5 juillet à Oran… Tous ceux qui avancent cette date avec la litanie des morts et disparus de ce jour-là oublient de dire la politique de terreur sanglante que menait depuis des mois l'OAS toute puissante dans cette ville, les descentes nocturnes et armées dans les quartiers habités par des Algériens, les snipers pieds-noirs qui depuis le haut de plusieurs immeubles tiraient sur toute personne tentant de sortir ou de rentrer dans le quartier Mdina J'dida (appelé «quartier nègre » !) , la bombe placée dans le même quartier qui a tué de nombreuses personnes et, alors que tout le monde accourait pour porter secours aux victimes, l'explosion d'une seconde bombe avec un intervalle de temps calculé pour faire un carnage, l'intimidation ciblée des quelques «Européens» favorables à l'indépendance de l'Algérie, les pressions exercées sur les autres pour qu'ils se joignent aux expéditions meurtrières.
Oran, fief des plus extrémistes et obtus membres de l'OAS, tel celui qui, des années après, déclarait fièrement qu'il n'avait tué personne de sa main mais qu'il en avait fait tuer beaucoup, Oran était devenue une ville de sang bien avant ce funeste 5 juillet, la mort avait été semée dans ses rues par ceux qui aujourd'hui s'accrochent à une histoire falsifiée qu'ils ont transmise à leurs descendants et qui, après la reconnaissance de la responsabilité de l'État dans la mort de Maurice Audin se lamentent pitoyablement : «Et nous, et nous ?»
Est-ce trop leur demander que d'avoir au moins la pudeur de ravaler leurs larmes et le courage de regarder en face le mal auquel ils ont participé, ne serait-ce que par leur silence, ou qui a été fait en leur nom, au prétexte de les protéger ?
Ah, disent-ils aujourd'hui, comme on les aimait, les arabes (ça leur arracherait les tripes de dire les Algériens), comme on était proches ! Ah, que je l'aimais, ma fatma, c'est elle qui m'a élevée (sans se rendre compte de ce que peut avoir de choquant l'utilisation de ce nom «fatma» donné indifféremment à toute femme algérienne) !
Ce n'est pas l'État français qui est responsable de ce qui s'est passé le 5 juillet à Oran, c'est l'OAS et tous ceux qui ont soutenu ces assassins, implicitement ou explicitement, c'est-à-dire ceux-là mêmes qui aujourd'hui se lamentent.
Anne Guérin-Castel
Une marée verte attendue dans les rues d'Algérie pour la fête de l'indépendance

Le 57ème anniversaire de la libération du pays, célébré ce vendredi, prend une tournure contestataire dans un contexte d'impasse politique.
La colère du peuple algérien ne faiblit pas. En cette date hautement symbolique du 5 juillet, 57ème anniversaire de l'indépendance, la contestation devrait même franchir un nouveau cap . Ces derniers jours, les appels à envahir les rues du pays ont inondé les réseaux sociaux. Dans une vidéo, des universitaires, un avocat, un ancien diplomate et un responsable d'un petit parti d'opposition ont appelé à faire « du 5 juillet la concrétisation de la libération de l'Homme, après la libération de la patrie ». « Ce sera la plus grande marche de l'histoire ! », pronostiquent les plus enthousiastes. « Tous les indicateurs annoncent une manifestation plus importante que les précédentes », tempère Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. A Alger comme dans le reste du pays ».
Dans le viseur des manifestants : le « système » algérien, héritage de la guerre d'indépendance et allégorie de la toute-puissance du FLN. Au sommet de la pyramide trônait Abdelaziz Bouteflika depuis 1999. Etouffé par la pression populaire qui déferle sur l'Algérie et lâché par l'armée, l'ancien président a fini par capituler en avril dernier. Insuffisant pour rassasier une foule qui réclame un grand coup de balai et une bouffée de démocratie.
5 Juillet 1962 – 5 Juillet 2019 : De la fin de l’Etat colonial à la fin de l’Etat autoritaire ?
La fin de l’Etat colonial marqué par l’accession à l’indépendance de l’Algérie le 5 Juillet 1962 est souvent réduite à la fin de l’occupation territoriale et donc à l’évacuation des troupes coloniales. C’est certes un motif suffisant pour amener les Algériennes et les Algériens à célébrer dans un climat de liesse cet événement. Les images et vidéos relatant les manifestations de joie et témoignant de l’enthousiasme du peuple algérien sont émouvantes.
Cette joie et cet enthousiasme débordant ne serait pas compréhensibles s’il est fait abstraction du fait que les Algériens sont réellement sortis de ce qu’il est convenu d’appeler la « nuit coloniale ». Particulièrement pendant les 7 années de guerre d’indépendance, ils ont subi le couvre-feu, les déplacements et regroupements forcés, les arrestations, les mauvais traitements, la torture et les assassinats. Pendant ces 7 années de guerre, les Algériens n’accéderont à aucune liberté individuelle ou collective. C’est donc dans l’étouffement de leurs droits humains qu’ils vivront la guerre de libération nationale.
L’Etat autoritaire successeur de l’Etat colonial
L’intensité du sentiment de libération ressenti par les Algériens est à rapporter à la croyance que la fin du colonialisme constitue la fin de l’étouffement des libertés individuelles et la possibilité d’une vie digne et épanouissante. Dès les premières heures de l’Indépendance et dès les premières semaines après le cessez-le-feu du 19 Mars 1962 pour certains, les sorties nocturnes et le libre déplacement à travers le territoire régional ou national constituèrent les premiers signes de la liberté retrouvée. Mais rapidement les limites politiques s’imposèrent.
Avant même que les troupes françaises quittent totalement le territoire national, le FLN et l’ALN instaurent dans les espaces libérés une gestion autoritaire. L’Indépendance est proclamée dans un climat de luttes de pouvoir entre le GPRA, les Wilayas historiques et l’état-major de l’ALN. Les affrontements violents marqueront les esprits des Algériens et augureront de la prédominance de l’autoritarisme dans les relations politiques. L’instauration du parti unique, l’ingérence dans la vie des organisations syndicales et de jeunesse et le recours à la répression sont les premiers traits de la vie politique postindépendance.
De 1962 à nos jours, malgré des assouplissements temporaires, la vie politique nationale se caractérise par l’absence de démocratie et la négation des libertés individuelles. Cette description serait partielle et partiale si elle n’évoquait pas le volet social des différends pouvoirs depuis 1962.
Des personnalités appellent à une manifestation massive le 5 juillet : défendons la révolution pacifique disent-ils… En ce 5 juillet 2019 je souhaite que mes amis algériens réussissent, enfin, à obtenir une vraie démocratie, après 190 ans de malheurs… Bon courage… Bonne chance…
Michel Dandelot