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Lundi 18 décembre 2023 : Journée internationale des migrants

 

Lundi 18 décembre 2023 : Journée

internationale des migrants

Lundi 18 décembre 2023 : Journée internationale des migrants

Le 18 décembre est célébrée la Journée Internationale des Migrants. C’est l’occasion, dans le monde entier, de réaffirmer et de promouvoir les droits des migrants.
La date a été choisie par l’ONU pour attirer l’attention sur une convention adoptée par l’assemblée générale des Nations unies le 18 décembre 1990 mais restée inapplicable faute de ratifications suffisantes.
Cette Convention pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille concerne tous les migrants qui " vont exercer, exercent et ont exercé " un travail pendant " tout le processus de migration ". Pour tous, avec ou sans papiers, des droits fondamentaux sont réaffirmés en " considérant la situation de vulnérabilité dans laquelle se trouvent fréquemment les travailleurs migrants et les membres de leurs familles ".

Les migrants dans le monde

L’Europe accueille 15 Millions d’immigrés sur les 175 Millions de par le monde.
La Convention n’est entrée en vigueur que le 1er juillet 2003. A ce jour, 27 Etats l’ont ratifiée : seulement des pays d’émigration, aucun des pays les plus industrialisés. Depuis quatorze ans, la France, ses partenaires européens et la plupart des pays d’immigration de la planète éludent la ratification. Pourtant la défense des droits de l’homme a une portée universelle et ne peut donc pas exclure les migrants.

Pas de nouveaux droits

Depuis 1990, la précarisation des droits des migrants est en aggravation constante. L’Union européenne offre la libre circulation aux citoyens des Etats membres tout en durcissant, pour les autres, les règles de l’asile et du séjour ; le principe de non-discrimination inscrit dans le traité d’Amsterdam a pourtant exclu la discrimination fondée sur la nationalité.

Face à la dégradation des droits des migrants, les Nations unies ainsi que de nombreuses institutions européennes ou organisations de la société civile rappellent l’importance de la convention des Nations unies. Le gouvernement français qui prône un rôle accru des Nations unies dans les affaires internationales ne doit pas rester sourd à ces appels.

Les pays signataires

Les pays ayant ratifié la Convention à la date de janvier 2011 sont (par ordre alphabétique) : Albanie, Algérie, Argentine, Azerbaïdjan, Belize, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Cap-Vert, Chili, Colombie, Égypte, Équateur, Ghana, Guatemala, Guyana, Guinée, Honduras, Kirghizistan, Lesotho, Libye, Mali, Maroc, Mexique, Nicaragua, Pérou, Philippines, Salvador, Sénégal, Seychelles, Sri Lanka, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Syrie, Tadjikistan, Timor oriental, Turquie, Ouganda et Uruguay.

Immigration : qui a peur

en France ?

Lundi 18 décembre 2023 : Journée internationale des migrants

Le 18 décembre, Journée internationale des migrants, devrait être l’occasion de réaffirmer et de promouvoir les droits des exilés. Cette date avait été choisie en 2000 par l’ONU pour attirer l’attention sur une convention adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, le 18 décembre 1990… restée inapplicable faute de ratifications suffisantes. Son objectif était de protéger les travailleurs étrangers et leur famille de l’exploitation et de la violation de leurs droits. La France ne l’a jamais signée.

Cynisme du calendrier, c’est ce lundi que se réunit la fameuse commission mixte paritaire (CMP) qui va décider du sort de la loi immigration, une semaine après son rejet préalable à l’Assemblée nationale. Un texte « le plus ferme, avec les moyens les plus durs de ces trente dernières années », se félicite son zélé promoteur Gérald Darmanin, qui, à force de jouer avec le feu, s’est brûlé les ailes. Si les quatorze parlementaires s’entendent sur la version finale du texte, une énième loi immigration pourrait donc être votée, après les trente précédentes depuis quarante ans !

Cette séquence de fin d’année était censée saturer le débat public pendant encore plusieurs semaines, pour diffuser l’idée que les immigrés seraient d’abord des « profiteurs » de prestations sociales, mais surtout des potentiels dangers : voleurs d’emplois, délinquants en tout genre et terroristes en puissance. « Mardi soir, nous aurons, je l’espère, un texte et très rapidement nous allons mettre en place ces mesures pour protéger les Français », a encore osé le ministre de l’Intérieur. Qu’importe la réalité pourvu qu’on ait l’ivresse de la haine, qui permet de détourner le regard des véritables défis du moment, et toujours mieux paver le chemin de l’extrême droite.

La politique n’est pas un jeu. Cette loi, si elle est votée dans sa version la plus dure, aura des conséquences dramatiques sur la vie de millions de personnes. Celles que les humanitaires  ont choisi d’aller rencontrer, qui subiront dans leur chair les conséquences des effets de manche du ministre de l’Intérieur. Elles qui vivent en France, y travaillent, y cultivent la terre, y étudient, y ont fondé une famille, nous soignent ou éduquent nos enfants… et nous disent aujourd’hui qu’elles « ont peur ».

 

« Ce n’est pas ça, la France ! »

Lundi 18 décembre 2023 : Journée internationale des migrants

Face au regain des discours xénophobes, à l’exploitation politique indigente et délétère des peurs, Politis publie l’appel d’intellectuels et d’artistes en faveur du retrait du projet de loi immigration, et de la création d’un véritable service public d’accueil des exilés. 

Nous, signataires du présent appel, exprimons notre consternation devant la teneur du débat qui se mène sur la loi immigration. Son indigence réside dans la nature même du texte du ministre de l’Intérieur, aggravé aujourd’hui des concessions auxquelles celui-ci se prête avec complaisance. La question de l’accueil des exilés, qui, plus que toute autre, dessine le visage de la France, mérite mieux que l’opération de basse politique à laquelle se livrent MM. Macron et Darmanin, dont le seul but est de recomposer la droite à leur profit et d’intégrer le Rassemblement national dans une majorité de gouvernement.

Alors que l’immigration est loin d’être la préoccupation principale des Françaises et des Français, qui s’inquiètent de l’inflation, des effets des désastres climatiques, de la dégradation du service public d’éducation, des déserts médicaux, des discriminations, le gouvernement est prêt à toutes les compromissions pour séduire une droite extrême et une extrême droite qui veulent dicter leur logique identitaire. Pour cela, MM. Macron et Darmanin n’hésitent pas à instrumentaliser la peur de l’autre et à jouer de tous les amalgames entre immigration et délinquance, entre immigration et terrorisme – laissant entendre que le danger viendrait nécessairement de l’extérieur.

Ce n’est pas en dressant des murs de xénophobie et de haine que la France fera face à des mouvements de population désormais irréversibles, qui, d’ailleurs, concernent moins notre pays que ses voisins. La France, ce pays dans lequel une multitude d’individus, d’origines, de croyances et d’opinions vit ensemble, ce n’est pas ça! Ce nest pas cet esprit de forteresse assiégée. Ce nest pas la remise en cause du droit du sol, lun des grands acquis de notre histoire. Ce nest pas sacrifier des droits dasile inaliénables et indivisibles. Ce n’est pas le recours à la notion floue de «menace à lordre public».

Au prétexte de sécurité et de préférence nationale, le gouvernement attaque le socle de notre État de droit.

La France que nous voulons, ce n’est pas livrer les exilés à une justice expéditive devant un juge unique. Ce n’est pas la multiplication des obligations de quitter le territoire, avec la seule obsession du chiffre. La France que nous voulons, ce n’est pas, au mépris de toute humanité, interdire aux médecins de prendre en charge les exilés malades avant qu’ils éprouvent une «douleur aiguë» ou souffrent dun mal incurable. Où est la logique quand on privilégie la médecine durgence à la prévention?

Au prétexte de sécurité et de préférence nationale, le gouvernement attaque le socle de notre État de droit. S’il y a un problème d’intégration des exilés, c’est d’abord un problème social. Nous rejetons toute logique identitaire. Nous nous prononçons pour un véritable service public d’accueil des exilés, les initiant à notre langue et les orientant vers l’emploi dans le respect du droit du travail. Les grands mouvements qui agitent la planète appellent une réponse faite de lucidité, d’ambition, de dignité et de générosité. Avec MM. Macron et Darmanin, nous en sommes loin. C’est pourquoi nous demandons le retrait d’un projet de loi menaçant pour les exilés et dangereux pour toute notre société.

Signataires

Étienne Balibar, philosophe • Patrick Baudouin, président de la LDH • Hourya Bentouhami, philosophe • Amal Bentounsi, militante associative • Alain Bertho, anthropologue • William Bourdon, avocat • Youcef Brakni, militant associatif • Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières • Vincent Brengarth, avocat • Dominique Cabrera, cinéaste • Fanélie Carrey-Contes, secrétaire générale de La Cimade • Samuel Churin, comédien • Alexis Cukier, philosophe • Valérie Damidot, animatrice de télévision • Eva Darlan, comédienne • Laurence De Cock, historienne • Rokhaya Diallo, journaliste, autrice et réalisatrice • Samia Djitli, retraitée de la culture • Elsa Dorlin, philosophe • Annie Ernaux, écrivaine • Mireille Fanon-Mendès-France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon • Éric Fassin, sociologue • Corentin Fila, comédien • Bernard Friot, sociologue, économiste • François Gemenne, politologue • Roland Gori, psychanalyste • Robert Guédiguian, cinéaste • Nacira Guénif, sociologue, anthropologue • Kaoutar Harchi, sociologue, écrivaine • Jean-Marie Harribey, économiste • Cédric Herrou, agriculteur et responsable de la communauté Emmaüs de la Roya • Chantal Jaquet, philosophe • Gaël Kamilindi, comédien • Bernard Lahire, sociologue • Mathilde Larrère, historienne • Frédéric Lordon, économiste • Sandra Lucbert, autrice • Noël Mamère, écologiste • Corinne Masiero, comédienne • Henry Masson, président de La Cimade • Christelle Mazza, avocat • Médine, rappeur • Philippe Meirieu, universitaire • Gérard Mordillat, cinéaste • Gérard Noiriel, historien • Émilie Notéris, écrivaine • Thomas Piketty, économiste • Jean-Michel Ribes, scénariste, réalisateur • Michèle Riot-Sarcey, historienne • Gisèle Sapiro, sociologue • Catherine Sinet, journaliste • Maboula Soumahoro, universitaire • Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice • Assa Traoré, militante associative • Enzo Traverso, historien • Usul, vidéaste • Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH • Éric Vuillard, écrivain • Sophie Wahnich, historienne • Jacques Weber, comédien • Catherine Wihtol de Wenden, politiste, spécialiste des migrations internationales.

 

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