Paris : interdiction de manifestations liées
à l’Algérie prévues dimanche 25 février
comme le 18 février

Photo ajoutée par Michel Dandelot
La préfecture de police a mis en avant des risques de troubles à l’ordre public « dans le contexte d’anniversaire du Hirak et de violences entre mouvances antagonistes anti et pro-régime ».
Le préfet de police de Paris a interdit, vendredi 23 février, trois rassemblements de contestation du pouvoir algérien prévus dimanche à Paris, place de la République, en raison de risques de troubles à l’ordre public « dans le contexte d’anniversaire du Hirak et de violences entre mouvances antagonistes anti et pro-régime ».
Les rassemblements devaient être organisés par le « Mouvement pour la justice et contre la corruption en Algérie », par un collectif pour « la libération immédiate de tous les détenus et prisonniers politiques et d’opinion en Algérie » et « pour l’installation d’une assemblée constituante souveraine », et par un autre collectif, « Libérons l’Algérie ».
Laurent Nuñez avait déjà interdit de tels rassemblements la semaine dernière pour les mêmes motifs.
Cette année marque le cinquième anniversaire du Hirak, mouvement de contestation populaire initié en 2019 pour s’opposer à l’élection à un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, poussé à démissionner.
Les autorités algériennes continuent de « réprimer les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique », en « ciblant les voix critiques de la dissidence », cinq ans après les manifestations pro-démocratie du Hirak, a dénoncé jeudi l’ONG Amnesty International.
Dans un rapport sur les cinq ans écoulés, l’organisation demande de « libérer immédiatement et sans conditions toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association ».
Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter un podcasts du quotidien Le Monde :
19 MARS 1962 - 19 MARS 2019
Cette Algérie qui fascine toujours

Vive l'Algérie libre !
C'est dans un contexte politique très particulier que l'Algérie a célèbré, le 57ème anniversaire de l'événement historique qu'est le jour de la Victoire, coïncidant avec le 19 mars de chaque année.
«Oui, je me rappelle de cette journée comme si c'était hier. Tous les Algériens sont sortis dans les rues crier leur joie, s'embrassaient et s'enlaçaient. 'Vive l'Indépendance! Vive l'Algérie libre'', retentissaient partout. L'émotion nous a englouti, on avait un sentiment de joie profonde indicible pour nous les opprimés. On était dans une ambiance euphorique indescriptible», se souvient Aâmi Saïd, qui, dit-il, retrouve étrangement les mêmes ferveurs et le même esprit de joie chez les manifestants d'aujourd'hui dans les rues d'Alger. «C'est terrible comme l'Histoire se répète», s'émerveille ce septuagénaire.
C'est dans un contexte politique très particulier que l'Algérie a célèbré, le 57ème anniversaire de l'événement historique qu'est le jour de la Victoire, coïncidant avec le 19 mars 1962. Des manifestations imposantes, joyeuses et pleines d'imagination marquent l'Algérie entière depuis le 22 février dernier. De véritables moments de communion entre toutes les catégories de la population algérienne, qui émerveillent le monde et qui n'ont d'équivalent de par leur ferveur que celles observée par nos aînés durant l'indépendance du pays en 1962.
Le destin étant un grand metteur en scène, ces manifestations qui annoncent l'avènement d'une Deuxième République coïncident avec le 19 Mars, date de la naissance de la Première République. Une date qui porte la signature indélébile du grand maquisard Krim Belkacem, qui avait signé les accords d'Evian ayant donné naissance à l'Etat algérien.
Pour ceux qui ont vécu les affres de la guerre d'Algérie, le 19 Mars signifie avant tout la fin des hostilités entre le colonisateur français et le FLN/ALN, le recouvrement officiel d'une indépendance chèrement payée en sang, en douleur et en larmes. Le 19 Mars 1962 rappelle aussi, les actes barbares et les tueries sans discernement de la sinistre organisation OAS.
Pour les nouvelles générations d'Algériens, la date du 19 Mars 1962 inspire surtout la victoire de la diplomatie algérienne. Mais avant de parvenir aux accords, un long et laborieux processus de négociation avait précédé cette victoire. A ce titre, on ne peut ignorer certains événements qui ont l'effet de catalyseurs, accélérateurs de l'histoire. Il s'agit notamment des manifestations du 17 octobre 1961 menées au coeur de Paris par la Fédération de France du FLN. Les Algériens ont affronté héroïquement les hordes colonialistes assoiffées de sang. En rangs serrés, ils étaient près de 80.000 à défiler dans les rues et les places de Paris. Les colonialistes ont sauvagement fusillé les patriotes algériens. Ces nouveaux martyrs tombés sous les balles ennemies, ont versé leur sang pour que triomphe la Révolution algérienne et que vive libre le fier peuple algérien.
Ainsi, le 24 octobre 1961 Benyoucef Ben Khedda, président du GPRA affirmait qu' «aux yeux du monde entier, ces tragiques évènements du 17 Octobre 1961 à Paris montrent une fois de plus le génocide perpétré par le colonialisme français contre le peuple algérien». Le retentissement a été tel que la France coloniale était contrainte de s'asseoir autour d'une table.
Les 28 et 29 octobre 1961, des contacts secrets ont été engagés à Bâle en Suisse entre les représentants du Gouvernement français et ceux du GPRA qui se sont poursuivis fin novembre de la même année, après la grève de la faim de 20 jours observée par les 15 000 détenus algériens en France, du 2 au 22 novembre 1961, considérée comme une seconde pression sur le Gouvernement français. S'en est suivie une motion votée par l'Assemblée générale le 15 Novembre 1961. Les événements s'accélèrent et les contacts se multiplient jusqu'aux accords secrètement négociés aux Rousses, près de la frontière suisse et aboutir enfin aux accords signés le 18 mars 1962 à l'hôtel du Parc, à Évian-les-Bains (en Haute-Savoie, France) et se traduisent dans l'immédiat par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain 19 mars à midi. Cinquante-sept ans plus tard, les Algériens manifestent avec la même ferveur, mais pacifiquement pour que naisse la Deuxième République. Pour ceux qui ont la vie longue, il arrive que l'Histoire repasse les plats.
Par Mardi 19 Mars 2019
SOURCE : http://www.lexpressiondz.com/actualite/312167-cette-algerie-qui-fascine-toujours.html