Perpignan : quand Aliot met
à l’honneur l’OAS

Retour en arrière, c’était au mois de juillet 2022 : Fin de la « dédiabolisation » ? Le maire RN/FN de Perpignan, fort de la poussée électorale de son parti, a célébré à sa façon, le week-end dernier, le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.
Le para tortionnaire Denoix de Saint-Marc et les généraux OAS Zeller et Jouhaux qui, en 1961, ont fomenté un putsch militaire pour maintenir l’Algérie française, ont été nommés « citoyens d’honneur de la ville ». Pierre Sergent, chef des tueurs de l’OAS métropole (avant de devenir député du FN), aura, lui, une place à son nom. Un retour aux sources et... une apologie du colonialisme raciste et du terrorisme réactionnaire !
Pour eux, la guerre d’Algérie n’est pas finie
Louis Aliot a proclamé Perpignan « capitale des Français d’Algérie ». Il n’a jamais caché vouloir faire de Perpignan une vitrine du RN et, au-delà, un tremplin pour le pouvoir central. Aliot, qui, en juillet 2021, avait accueilli le congrès du RN intronisant Le Pen à la présidentielle, offrait l’hospitalité, cette fois-ci, du 24 au 26 juin, au congrès du Cercle algérianiste, une bande réactionnaire de « nostalgéristes », après avoir alloué à l’antenne locale dudit cercle une subvention municipale « de fonctionnement » de 100 000 euros. Ainsi que… 3,7 millions pour réhabiliter le site qui abrite son très révisionniste « Centre national des Français d’Algérie », à la gloire du « bon vieux temps de la colonie » (où l’on s’entendait si bien entre Français et « Arabes » !) – dans une ville qui suinte la pauvreté et le délabrement.
Aliot instrumentalise ici la « nostalgie » d’une frange des Pieds-Noirs, tout comme l’extrême droite d’alors avait instrumentalisé le désespoir des «petits blancs » d’Algérie, et tout comme l’extrême droite d’aujourd’hui instrumentalise le désespoir d’une partie des couches populaires – dont tous les malheurs viendraient de l’« Autre », à la peau pas très blanche et à la religion pas très catholique. Car, loin d’être une histoire passée, cette exaltation de l’Algérie française – selon les fascistes « bradée » (par la droite comme par la gauche) – est une exaltation ultranationaliste et raciste de la France actuelle. Une France qui serait bradée et menacée de déclin par la droite et la gauche, et tout particulièrement par leurs politiques insuffisamment répressives à l’égard des « Arabes » qui, venuEs d’Algérie et d’ailleurs, auraient submergé « nos » quartiers populaires, et aussi des migrantEs qui « nous » menaceraient d’un « grand remplacement ».
Pour les Aliot, Le Pen et autres Zemmour, la guerre d’Algérie n’est pas finie. Mais, en conséquence, elle n’est pas finie pour les descendantEs des coloniséEs qui, même après plusieurs générations, sont victimes des discriminations et violences racistes et policières dans les quartiers au nom de la même idéologie raciste qui sous-tendait les conquêtes coloniales.
« Perpignan capitale de l’amitié entre
les peuples algérien et français »
En riposte, le Collectif 66 pour une histoire franco-algérienne non falsifiée, constitué il y a plusieurs années en protestation contre une stèle à la gloire de Degueldre et d’autres tueurs de l’OAS érigée dans un cimetière municipal, a organisé un contre-événement. Samedi 25 juin, un rassemblement autour du mot d’ordre « Perpignan capitale de l’amitié entre les peuples algérien et français ! », avec apposition, sur une place au pied du Castillet (monument symbole de la ville), d’une plaque au nom de Mouloud Feraoun, une des six victimes du massacre de Château-Royal, près d’Alger, perpétré en 1962 par un commando Delta de l’OAS dirigé par Degueldre. Et dimanche 26, une réunion-débat avec Gilles Manceron et des responsables nationaux de l’association des Pieds-Noirs progressistes et de l’association des anciens appelés contre la guerre.
Bien loin d’être une affaire locale, la mobilisation contre l’extrême droite à Perpignan doit s’inscrire dans une mobilisation unitaire d’ampleur nationale.
PERPIGNAN : RÉVISIONNISME, RACISME
ET AUTORITARISME
À LA MAIRIE : ENTRETIEN
AVEC JOSIE BOUCHER (NPA) attaquée par Aliot en Justice
Josie Boucher, militante du NPA et de l'ASTI 66 nous présente un tableau de la vie en Aliotistan !
☠️ A Perpignan, Louis Aliot (Rassemblement national) s'est fait élire à la tête de la ville, remplaçant un maire de droite extrême. Il y a quelques semaines, et pour écraser toute opposition à la politique d'extrême droite du RN, le maire a porté plainte contre Josie Boucher, membre du NPA et de l'ASTI 66.
☠️ La réhabilitation de l'Algérie française est l'un des dadas d'Aliot. En 2 ans, Perpignan est devenue la capitale du révisionnisme. Et tout y passe : glorification du colonialisme français et des centaines de milliers de morts qu'il a laissé derrière lui ; glorification des tortionnaires en uniforme de l'armée française ; glorification du gang d'assassins OAS.
☠️ Aliot diffuse aussi la politique raciste du RN dans toute la ville, poussant même la bêtise jusqu'à préempter des locaux commerciaux pour éviter les ouvertures de commerces halal...
☠️ Mais la mairie Aliot, c'est aussi une politique autoritaire qui écrase la ville par l'augmentation des effectifs de la police municipale (politique qui pèse toujours plus sur les finances de la ville) et c'est aussi l'augmentation du nombre de commissariats, avec l'aide de Darmanin...
« Merci pour cet entretien ! dans la vidéo ci-dessous. Il est regrettable que le couple Klarsfeld ne se soit manifestement pas tenu informé de la situation locale avant d'agir de façon aussi complaisante avec cette bande d'ordures. Courage et soutien à Josie » !
Dominique Sopo sur l’affaire de l’Esplanade Sergent à Perpignan avait écrit :
Bonsoir. Sur l'esplanade Pierre Sergent, on ne laisse pas tomber l'affaire ! On attend le retour du préfet. Et nous prendrons directement nos responsabilités si lui ne les prend pas.
Je lui pose cette question : Qu’elle est l’évolution de la situation ?
Avec tous mes remerciements et amitiés.
Michel Dandelot
En attendant Dominique Sopo nous informe :

Ce dimanche 13 novembre à 15 h, SOS Racisme et d'autres organisations vous convient à une manifestation contre le racisme et les idées d'extrême droite. Ce sera au départ de la place de la République (Paris) à 15 h !
Venez et faites venir ! Au regard de la diffusion de la parole raciste par l'extrême-droite RN aujourd'hui en pleine offensive, mobilisons-nous. Soyons présents pour dire "Non au racisme", dire que nous n'acceptons pas, quelles que soient nos origines, que des hommes et des femmes soient insultés en raison de leur couleur de peau ou la consonance de leur nom et dire que nous refusons la banalisation de l'extrême-droite.
