Quand le premier ministre algérien Ouyahia fait
appel aux Pieds-noirs pour aider l’Algérie…
mais les harkis ne sont toujours pas les bienvenus…

Le premier ministre Ahmed Ouyahia a appelé, lors d’un discours prononcé à l’hôtel El-Aurassi, les opérateurs économiques algériens à s’appuyer sur la communauté algérienne établie à l’étranger ainsi que sur les « pieds-noirs » qu’il a désignés sous l’appellation d’ « anciens d’Algérie », pour développer davantage le secteur des exportations hors hydrocarbures.
Avec cet appel à des relations avec les pieds-noirs, Ahmed Ouyahia est le premier haut-responsable à casser un tabou vieux de plus d’un demi-siècle concernant cette communauté d’européens nés en Algérie qui se sont massivement exilés vers le vieux continents à l’indépendance en 1962, ce qui n’a pas manqué de susciter des interrogations.
Il est à noter que cette annonce du premier ministre Ahmed Ouyahia intervient quelques mois après la visite effectuée par le président français, Emmanuel Macron, en décembre 2017 en Algérie. Lors de ce déplacement, le chef de l’État français avait, rappelons-le, appelé à tourner la page de la guerre d’Algérie et à oeuvrer à une « réconciliation avec l’histoire ».
Cette « réconciliation avec l’histoire » passait évidemment, du moins pour le président français, par la réhabilitation des pieds-noirs, qui ont été plus de 600.000 à quitter massivement l’Algérie après la signature des accords d’Évian entre la France et le FLN le 18 mars 1962. « J’ai invité les autorités algériennes à oeuvrer dans le sens de la réconciliation avec l’histoire, et il me semble important, au cours des mois à venir, que nous puissions trouver un moyen pour permettre aux homme et aux femmes qui sont nés en Algérie et qui veulent y revenir, de pouvoir le faire quelle que soit l’histoire de leurs familles avec ce pays » avait déclaré le président français.
L’appel du premier ministre Ahmed Ouyahia est-il donc intervenu de manière fortuite ? ou s’agit-il d’un pas en avant vers la réhabilitation des pieds-noirs à laquelle avait appelé le chef de l’État français ?. Affaire à suivre…
Le premier ministre Ahmed Ouyahia a cassé un tabou en Algérie. Il est le premier haut responsable à appeler clairement à des relations assumées avec les «anciens d’Algérie» ou les «pieds-noirs» dans un discours prononcé à l’Hôtel El Aurassi à Alger, à l’occasion de la cérémonie de remise du trophée de la meilleure entreprise algérienne exportatrice hors hydrocarbures pour l`exercice 2017 « Trophée Export 2017 ».
En effet, le premier ministre algérien appelle les opérateurs économiques algériens à se tourner vers l’exportation en s’appuyant sur la communauté algérienne à l’étranger ainsi que la communauté des «pieds-noirs» ou ce qu’il a appelé «les anciens d’Algérie» qui, selon Ahmed Ouyahia, «peuvent ouvrir des portes pour approcher des marchés extérieurs ».
Le Premier ministre a, toutefois, souligné que si l’Etat invite les opérateurs économiques à avoir une approche qualitative, de plus en plus professionnelle et agressive à l’extérieur dans la conquête de nouveaux marchés, « il (Etat) commencera dans quelques années à graduer le soutien à l’exportation selon la valeur ajoutée ».
« Celui qui exporte un produit 100% algérien bénéficiera du soutien le plus important, celui qui fait de l’intégration bénéficiera d’un soutien à la hauteur de son taux d’intégration, celui qui fait du simple façonnage, aura accès a un bénéfice qui reflète le niveau de sa prévalue », a expliqué M. Ouyahia.
Une première
C’est la première fois qu’un haut responsable de l’Etat algérien fait appel à la communauté des pieds-noirs pour «aider l’Algérie» après près de 56 ans de leurs départs forcés.
Les pieds-noirs d’Algérie sont des descendants des colons français venus d’Europe après la colonisation de l’Algérie en 1830. En 1962, près de 650 000 personnes quittent l’Algérie pour se replier dans leur grande majorité en France. Ils forment ce que l’on nommera désormais les rapatriés d’Algérie, qu’ils soient regroupés sous le vocable devenu si familier de pieds-noirs, de juifs d’Algérie ou de harkis... Concernant les harkis il est contredit par le ministre des moujahidines algérien, Tayeb Zitouni.
L’Algérie facilitera l’entrée des pieds-noirs
sur son territoire

Pieds-noirs quittant l'Algérie en 1962
L’Algérie compterait faciliter l’obtention des visas pour les pieds-noirs, catégorie d’européen nés en Algérie et qui ont massivement quitté le pays à l’indépendance en 1962.
C’est en tout cas ce qu’à indiqué le porte parole du RND, Seddik Chihab dans un entretien accordé à TSA et publié hier samedi. Répondant à une question sur le désir des pieds-noirs de visiter l’Algérie et les difficultés dont ils font état pour l’obtention d’un visa d’entrée, Seddik Chihab a ainsi indiqué qu’ « une instruction a été donnée par le ministère des Affaires étrangères à nos chancelleries pour faciliter au maximum l’obtention de visas par cette catégorie de personnes. ».
Toujours sur la question des pieds-noirs, Seddik Chihab est revenu sur l’appel du premier ministre et secrétaire général du RND Ahmed Ouyahia aux opérateurs économiques, auxquels il a demandé de s’appuyer sur « les anciens d’Algérie », à savoir les pieds-noirs, pour promouvoir les exportations hors-hydrocarbures. « Dans son intervention, Ahmed Ouyahia a parlé d’abord de nos compatriotes, de nos amis africains puis des anciens de l’Algérie. Il ne faut pas trop se focaliser sur cette dernière catégorie » a-t-il dit.
« il ne faut surtout pas faire d’amalgame entre ceux qui ont gardé un lien avec le pays et ceux qui ont un problème de mémoire et qui ont des positions hostiles vis-à-vis de l’Algérie.» a également dit Seddik Chihab, ajoutant que « beaucoup d’Algériens travaillent avec les premiers. ».

Photo archive: Harki algérien
Suite à la polémique qui s’est répandue en masse ces derniers jours dans les médias français, faisant état de négociations entre l’Algérie et la France, concernant un éventuel retour des Harkis vers leur pays natal, le ministre des moujahidines algérien, Tayeb Zitouni, a tenu a apporter des précisions sur la question.
« L’Algérie a demandé à son homologue français de lui remettre les archives de la colonisation française, pour la période s’étendant de 1830 jusqu’à 1962 », a affirmé le ministre algérien. Ajoutant que: « le sujet des Harkis n’a jamais été évoqué dans les négociations ».
Selon le ministre des moujahidines, les autorités algériennes ne sont pas tentées par l’idée d’accueillir dans leur pays cette catégorie de personnes. Déclarant que « les harkis ont fait leur choix, ils se doivent de l’assumer et ne pas regretter ». Estimant également que le peuple algérien n’acceptera jamais qu’on permette le retour aux pays à ces personnes.
Tayeb Zitouni a assuré que les négociations vont dans le bon sens, concernant la récupération des archives de la guerre d’Algérie notamment les cranes des combattants algériens, se trouvant actuellement dans des musées français, grâce aux efforts fournis par l’ambassade d’Algérie à Paris, qui joue le rôle d’intermédiaire entre les deux pays.
SOURCE : https://observalgerie.com/actualite-algerie/la-une/retour-des-harkis-lalgerie-sexprime-a-ce-sujet/