« Une honte » : après le refus
de Macron de nommer Lucie Castets
Première ministre, la colère
du Nouveau Front populaire

« Une honte » : après le refus de Macron de nommer Lucie Castets Première ministre, la colère du Nouveau Front populaire© Copyright 2024, Le Nouvel Obs
« Coup de force antidémocratique », appel à « une grande mobilisation populaire »… Les réactions ont été rapides et vives après la décision d’Emmanuel Macron de ne pas nommer un gouvernement issu du Nouveau Front populaire ce lundi 26 août au nom de la « stabilité institutionnelle ».

Manuel Bompard
Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a dénoncé sur BFMTV un « coup de force antidémocratique inacceptable ». « C’est un coup de force antidémocratique tout à fait inacceptable qui se fait sur la base d’une argumentation qui n’a aucun sens », a affirmé Manuel Bompard, assurant qu’ils n’iront « pas participer à une nouvelle tentative de consultation ».
« Nous ne lâcherons pas »

Marine Tondelier
Qualifiant le communiqué du président de « honte », la secrétaire nationale d’EELV Marine Tondelier a elle aussi fustigé sur X les justifications présidentielles :
« Invoquer la stabilité quand on a dissous sans aucune concertation et qu’on refuse le résultat d’une élection pour laquelle les Français n’ont jamais été aussi nombreux à se déplacer est d’une irresponsabilité démocratique dangereuse. »

Cyrielle Chatelain
« Le Président décide de ne pas respecter les résultats d’une élection qu’il a lui même convoqué », a également fustigé Cyrielle Chatelain, cheffe de file des députés écologistes, sur X. « Nous ne nous lâcherons pas, a-t-elle prévenu. Lucie Castets est la candidate légitime pour Matignon. »
Le patron des communistes Fabien Roussel a appelé de son côté sur BFMTV à « une grande mobilisation populaire » dans « les jours prochains ». « Je lance un appel. Dans les jours prochains, il va falloir qu’on se mobilise devant les préfectures, dans les centres-villes. Il va falloir qu’il y ait une grande mobilisation populaire », a déclaré Fabien Roussel, assurant qu’il ne se rendrait pas à l’Elysée pour de nouvelles consultations, « si c’est pour nous demander de constituer un gouvernement qui continuerait la politique du gouvernement » sortant. « Ils ne veulent pas que ça change, ce n’est pas la peine que nous venions. »
En direct : Olivier Faure n'ira pas à l'Élysée
refusant d'être "complice d'une parodie
de démocratie"

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure se rend à l'Assemblée nationale, le 1er juillet 2024 à Paris.© Bertrand Guay, AFP
Le chef de l'État, qui a reçu les chefs de file des différents partis politiques et groupes parlementaires, a écarté l'option d'un gouvernement de gauche. Cinquante jours après le second tour des législatives, Emmanuel Macron amorce un second "cycle de consultations", sans la France insoumise ni le Rassemblement national, pour trouver une issue à la crise politique.
Emmanuel Macron a écarté lundi soir l'option d'un gouvernement de gauche et lancera mardi de nouvelles consultations. Le chef de l'État a annoncé que les responsables de La France insoumise (LFI), du Rassemblement national (RN) et du groupe parlementaire d'Éric Ciotti, n'étaient pas conviés pour ce second cycle. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a indiqué mardi qu'il n'ira pas à l'Elysée, refusant d'être "complice d'une parodie de démocratie". Le député dit refuser que les socialistes soient "les supplétifs d'un macronisme finissant".
Réaction de Fabien Roussel suite au refus
de nommer Lucie Castets à Matignon
Et le RN va être de nouveau
à la porte du pouvoir
Guillaume Duval : « Bloquer
un gouvernement de gauche
c’est faire le lit du RN »

Guillaume Duval : « Bloquer un gouvernement de gauche, c’est faire le lit du RN »© Copyright 2024, Le Nouvel Obs
Les réactions de la plupart des responsables de la droite et de l’ex-majorité aux différentes ouvertures faites par la gauche depuis plusieurs semaines maintenant, et notamment à la dernière faite par Jean-Luc Mélenchon concernant l’absence éventuelle de ministres insoumis, relèvent de l’inconscience et de l’irresponsabilité. En refusant de reconnaître le résultat des élections législatives et la volonté manifestée par les électeurs et les électrices de tourner la page d’une politique massivement rejetée, ils et elles s’obstinent à dénier à la gauche le droit de gouverner le pays. Alors qu’elle le ferait pourtant sous le contrôle d’un Parlement où elle n’est pas majoritaire et serait donc bien évidemment obligée de négocier en permanence des compromis avec les autres partis de l’arc républicain si elle veut pouvoir gouverner durablement.
Ce refus d’envisager tout compromis avec la gauche, ce sectarisme et cette intolérance empêchent le pays de sortir de la crise économique, sociale, politique et institutionnelle où le président de la République l’a plongé, non seulement par sa décision de dissolution inconsidérée du 9 juin, mais par sa pratique constante, injuste et autoritaire, du pouvoir depuis sept ans maintenant. Ils et elles le font au nom de l’idée que La France insoumise représenterait en réalité un danger plus grand pour le pays et son avenir que le Rassemblement national. J’ai déjà eu l’occasion de dire ici à quel point cette idée est objectivement absurde et ne recouvre évidemment aucune réalité même si on pense beaucoup de mal de LFI et de Jean-Luc Mélenchon.
En s’accrochant dur comme fer à cette chimère et en en faisant le cœur de leur logiciel politique, les dirigeant.e.s de l’ex-majorité et de la droite républicaine prennent une lourde responsabilité devant l’histoire. En bloquant le jeu politique, en empêchant le pays d’être gouverné de façon stable, en nourrissant la désespérance et la défiance à l’égard des institutions, ils choisissent de facto de faire le lit du Rassemblement national. J’avais espéré le 7 juillet que, grâce au front républicain, nous nous soyons enfin engagés dans une dynamique qui permette de faire reculer le RN et nous évite d’avoir à vérifier à quel point celui-ci menace effectivement nos libertés les plus fondamentales, met en danger la cohésion nationale en nous menant à la guerre civile, bloque l’indispensable mutation écologique, ruine la construction européenne avec son ami Poutine… A cause du sectarisme des dirigeant.e.s de la droite et l’ex-majorité et de leur refus de faire vivre le front républicain au Parlement, l’extrême droite risque pourtant malheureusement de continuer à prospérer.
SOURCE : Guillaume Duval : « Bloquer un gouvernement de gauche, c’est faire le lit du RN » (msn.com)